Aidants aidés
Destins croisés

Le livre

Explorer
le lien

L’idée

  • 8 récits de vie où le drame a frappé.

  • 8 situations où les proches se mobilisent ​pour affronter une maladie, un accident ou un handicap.

  • 8 témoignages qui explorent le lien dans sa diversité et ses ressorts secrets.

Pendant 18 mois, Nicole von Kaenel a interrogé des couples et des familles qui ont vécu un drame changeant leur vie à jamais. Par une approche douce et empathique, elle a recueilli des confidences lumineuses et bouleversantes.
La photographe Sarah Carp a accompagné Nicole. Elle a pris, dans le décor familier des personnes qui ont accepté de témoigner, des portraits d’une remarquable vérité psychologique.
En vraies complices, les deux auteures nous donnent un livre où l’image et le texte se répondent subtilement en des pages animées, à la fois graves et gaies.

L’autrice explique

Le projet Destins croisés est né d’une expérience personnelle : le soutien apporté à ma mère atteinte d’Alzheimer. J’ai mesuré à cette occasion la richesse et l’importance de la relation d’aide – celle qui se révèle entre proches, modifiant le sens et le contenu du lien. Membre de la fondation Alzheimer, j’ai suivi le cursus proposé pour les proches aidants. J’ai ainsi pu soutenir ma mère avec une meilleure connaissance de sa pathologie. J’ai aussi appris le pardon : face à une mère égocentrique et distante, les rôles s’inversaient et j’ai réussi à l’aimer dans sa maladie.
J’ai alors pensé à un livre et une exposition qui réuniraient huit situations «aidants-aidés » permettant d’explorer les mille et une facettes de ces relations au travers de récits de vie, intimes sans voyeurisme, émouvants sans pathos, révélateurs sans théorie. Je voulais aussi que ces textes dialoguent avec des portraits photographiques, que les récits trouvent, pour le lecteur, une incarnation visuelle révélant des personnalités dans leur irréductible originalité.
La collaboration avec la photographe Sarah Carp a été riche de complicité et d’échanges. Nous avons le même ressenti face à la relation, et les portraits qu’elle réalise répondent, dans leur vérité, aux confidences que j’ai recueillies.
Je savais que ma démarche supposait une approche douce et lente – souvent les personnes interrogées ne se livrent vraiment qu’au deuxième ou au troisième entretien – et qu’il faudrait à chaque fois trouver la limite subtile entre ce qui peut être dit ou non dans le dévoilement de l’intime. J’allais aussi avoir besoin du soutien de personnes qui pourraient me faire rencontrer les témoins disposés à parler de leur relation à visage découvert.
Il fallait donc convaincre. J’ai voulu le faire par l’exemple. J’ai rédigé, une relation «transposée» entre ma mère et mon fils. Ces quelques pages ont été lues par des amis, des médecins (généraliste, gériatre, rhumatologue, psychiatre), des acteurs des soins à domicile. Leurs réactions ont été si favorables que l’étape suivante allait de soi : créer une structure qui encadre ce projet d’empathie, de questionnement, d’hommages et d’interrogation sur soi. C’est ainsi qu’est née l’Association Belles Pages, formée de membres très investis dans le projet.
J’ai vite pris conscience que la relation d’aide n’était pas uniquement bilatérale : souvent, toute une famille est impliquée dans la vie quotidienne lorsqu’une maladie ou un accident vient perturber le cours normal des jours. J’ai aussi pu mesurer l’importance du lien qui se noue avec les professionnels de la santé et du social.
J’ai été émerveillée de la manière dont les familles ont accepté de se dévoiler, par un discours très réfléchi et sans fausse pudeur. La confiance quelles m’ont témoigné me va droit au cœur et m’a convaincue de l’utilité du projet.

Quelques pages du livre…

Pages issues du chapitre
sur Julien et sa famille